12.03.2008
Les ailes des petits enfants - (Alphonse Daudet 1840-1897)
Enfants d'un jour, ô nouveaux nés,
Petites bouches, petits nez,
Petites lèvres demi-closes
Membres tremblants,
Si frais, si blancs,
Si roses.
Enfants d'un jour, ô nouveaux nés,
Pour le bonheur que vous donnez
A vous voir dormir dans vos langes
Espoir des nids
Soyez bénits !
Chers anges ! Pour vos grands yeux effarouchés
Que sous vos draps blancs vous cachez,
Pour vos sourires, vos pleurs même,
Tout ce qu'en vous,
Etres si doux,
On aime !
Lorsque sur vos chauds oreillers,
En souriant vous sommeillez,
Près de vous tout bas, ô merveille !
Une voix dit :
- Dors beau petit,
Je veille.
C'est la voix de l'ange gardien,
Dormez, dormez, ne craignez rien,
Rêvez, sous ses ailes de neige,
Le beau jaloux
Vous berce et vous
Protège.
Enfants d'un jour, ô nouveaux nés,
Au Paradis, d'où vous venez.
Un léger fil d'or vous rattache
A ce fil d'or
Tient l'âme, encor(e)
Sans tache.Vous êtes à toute maison
Ce que la fleur est au gazon,
Ce qu'au ciel est l'étoile blanche
Ce qu'un peu d'eau
Est au roseau
Qui penche. Mais vous avez de plus encor(e)
Ce que n'a pas l'étoile d'or,
Ce qui manque aux fleurs les plus belles :
Bonheur pour nous
Vous avez tous
Des ailes.
13:40 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.02.2008
X. L'Ennemi
Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,
Traversé çà et là par de brillants soleils ;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.
Voilà que j'ai touché l'automne des idées,
Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux
Pour rassembler à neuf les terres inondées,
Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux.
Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur ?
- Ô douleur ! Ô douleur ! Le temps mange la vie,
Et l'obscur ennemi qui nous ronge le cœur
Du sang que nous perdons croît et se fortifie !
Charles Baudelaire, les fleurs du mal
14:16 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.01.2008
Bébés endormis.
Bébés endormis
On aime à se pencher sur un doux berceau blanc,
Nid sacré où l'enfant un moment se repose,
On s'attendrit devant le mystère troublant
De cet ange endormi dans les lys et les roses.
Retourne-t-il en rêve au royaume des cieux ?
Ses lèvres, où parfois glisse un sourire gracieux,
Ont l'exquise fraîcheur des fleurs à peine écloses.
Où peut-on admirer spectacle plus charmant ?
De ces bébés si purs sort comme une lumière
Qui les entourent alors qu’ils rêvent en dormant ;
On s’approche du lit comme d’un sanctuaire,
Marchant à pas de loup pour préserver la paix
De cette âme envolée et aussi par respect
Pour cette pureté qui semble une prière.
On n’entend même pas son souffle si léger
Au point que sa maman pour un instant s’inquiète
Puis se calme en voyant ses petits doigts bouger ;
A qui fait-il un signe au-dessus de sa tête ?
Toute la maisonnée préserve son repos
Et un doigt sur la bouche interdit tout propos
Qui pourrait déranger cette envolée secrète.

Ces anges, voyez-vous, doivent dormir souvent
Car leur fragile vie alterne entre deux mondes
Notre terre et, là-haut, l’univers émouvant
Des cieux où, chérubins, souvent ils vagabondent.
Passant du monde obscur au séjour merveilleux,
Ils jouent et rient avec tous les êtres radieux
Qui, invisibles, peuplent la voûte profonde.
Adorables bébés qui rapportez des cieux
Dans vos rêves dorés cette fraîche innocence,
Sources claires dont le jaillissement précieux
Purifie, grâce à Dieu, nos cœurs en abondance,
Vous êtes à nos hivers d’éternels printemps
Et qui veut résister à l’usure du temps
Devra boire à votre fontaine de jouvence.
Arnaud JONQUET
15:23 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Un enfant...
| C'est un petit bonhomme A peine haut comme trois pommes, Tout débordant de vie Pour prouver qu'il existe. | Il a le coeur très pur Où il n'y a pas de murs, Dans ses grands yeux ouverts Brille tout un univers... |
| Il aime les châteaux de sable, L'herbe verte et agréable. Il jette des pierres dans l'eau, Court après les oiseaux. | Endormi contre un arbre, Une peluche dans les bras, Il rêve de contes de fées, Du royaume de la bonté. |
| Il fait beaucoup d' soucis Mais tous on les oublie, Quand il vient dire : je t'aime On ne pense plus à ses peines. | C'est qu'un petit enfant, C'est fait pour les mamans, Un amour aussi grand Peut vivre éternellement. |
15:13 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.01.2008
Un tout petit bébé.
| C'est un rayon de soleil, Un vrai cadeau du ciel Il ressemble à un ange, Tout rempli d'innocence | C'est le fruit de l'amour, Le souvenir d'un jour Où l'on a tout donné Pour faire un nouveau né |
| Il aime être bercé Dans des bras bien serrés, Là, tout contre le coeur Il fait croire au bonheur | Comme l'oiseau dans son nid Il découvre la vie, Il regarde et il rit, On voit qu'il a compris |
14:47 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.01.2008
Sonnet
Mon âme a son secret, ma vie a son mystère,
Un amour éternel en un moment conçu :
Le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire,
Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.Hélas ! j'aurai passé près d'elle inaperçu,
Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire.
Et j'aurai jusqu'au bout fait mon temps sur la terre,
N'osant rien demander et n'ayant rien reçu.Pour elle, quoique Dieu l'ait faite douce et tendre,
Elle suit son chemin, distraite et sans entendre
Ce murmure d'amour élevé sur ses pas.À l'austère devoir, pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle
"Quelle est donc cette femme ?" et ne comprendra pas.Mes heures perdues- Félix Arvers (1806-1850)
13:53 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La chat
Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d'agate.
Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s'enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,
Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,
Et des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum,
Nagent autour de son corps brun.
13:29 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Lorsque l'enfant paraît...
| Lorsque l'enfant paraît le cercle de famille Applaudit à grands cris ; son doux regard qui brille Fait briller tous les yeux, Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être ? Se dérident soudain à voir l'enfant paraître, Innocent et joyeux. |
| Enfant vous êtes l'aube et mon âme est la plaine Qui des plus douces fleurs embaume son haleine Qu'on ose pas toucher, Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire On rit, on se récrie, on l'appelle et sa mère Tremble à le voir marcher... |
| Les yeux des enfants ont une douceur infinie, Et leur petites mains, joyeuses et bénies, Ignorent le mal encore ! Jamais, vos jeunes pas n'ont touché notre fange, A l'auréole d'or ! |
| La nuit lorsque tout dort, quand l'esprit rêve, à l'heure Où l'on entend parfois une petite voix qui pleure, Sur des ailes d'azur, Sans le comprendre encore, vous explorez le monde. Double virginité : corps où rien n'est immonde, Ame où rien n'est impur ! |
| Il est si beau l'enfant avec son doux sourire, Ses deux grands yeux ouverts qui ne savent pas mentir. Dans le mal triomphant : Préserve-moi Seigneur, d'été sans fleurs vermeilles, De cage sans oiseaux, de ruche sans abeilles, D'une Maison sans enfants ... |
10:40 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note










